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samedi 16 février 2013

morphine

Nouvelle série posologique donc, et dans laquelle tu découvriras toutes sortes de remèdes planants, qui te font décoller, oublier la terre au dessus de laquelle normalement tes pieds sont posés, sauf que tu les vois pas, tu voles, tu oublies la douleur, c'est bon, c'est atemporel, c'est universel, et pour commencer, on va se mettre un petit Avishaï Cohen histoire de bien monter en altitude.


ou alors ça :

samedi 21 janvier 2012

cure thermale

Enfin de retour ! ça commençait à faire long, même moi, j'étais impatient de me retrouver, bref ... j'étais en cure thermale. C'est bien, les cures thermales, ça détend, ça fait du bien à ta peau, à ton dos, à ton cœur, à tes poumons, à ta dépression, ça fait du bien partout, c'est vraiment bien les cures thermales.
C'est bien, mais c'est un peu cher, alors pour les plus pauvres, ceux qui ne travaillent pas assez, les fainéants, ou les non rentiers, il existe K-Def.

Moi, je me prescris ce morceau tout seul quand je veux aller me taper une cure de tout ça et bien d'autres, et ça marche, c'est radical, tenez :


ou alors, celui-là, pas mal non plus, des mêmes laboratoires old-school-vive-les-années-90-dans-le-rap :


Alors oui, c'est old school, ça sent le bon son jazzy east coast des années 90, mais c'est un peu normal, parce que le bougre a été à l'école Marley Marl et Lords Of The Underground, et aurait pu trainer avec Pete Rock, Large Pro, Q-Tip et bien d'autres. Ghostface l'a même engagé pour quelques prods du Wu mais là où K-Def excelle, c'est décidément dans ce registre cool jazz funky que j'affectionne tant.
Et puis ce sample de The Heath Brothers mérite qu'on s'y attarde juste pour vibrer au son de l'original et se laisser envahir par la découverte du jazz.
Tiens, j'aurais d'ailleurs aussi pu appeler ce post "comment rentrer dans le jazz en 2 temps 3 mouvements ?" ou alors "une porte ouverte entre le rap et le jazz" mais bon, "cure thermale" c'est plus parlant !!!

Je vous offre l'original en prime et merci à mes amis bloggiens d'Hip Hop Hourra pour les références !!

dimanche 2 octobre 2011

alzheimer

C'est pas la peine de se prendre la tête de chou l'homme, c'est incurable. Ce qui veut dire qu'il ne te reste plus que les yeux pour pleurer, tes mains pour les essuyer et tes fesses pour te lamenter sur le temps qui passe. De philosopher sur les traces qu'il laissera derrière lui, du pourquoi et du comment, notamment ce qu'on a fait mais surtout ce que l'on a pas fait, du passé, des souvenirs, du présent et de l'avenir, de ce qu'il reste à faire, et du temps qu'il reste pour le faire ... Bon, c'est bon là, arrête, réveille-toi, je sais pas, fais quelque chose ! Allez, c'est rien, c'est juste le temps qu'il fait ! Moi, ça me déprime.

J'arrête d'en parler, Nina Simone le fait beaucoup mieux que moi, et c'est dans "who knows where the time goes".
Alors c'est  vrai que c'est une reprise de Sandy Denny, artiste folk anglaise, sorte de Nick Drake morte trop tôt, on en a pas beaucoup parlé, elle faisait moins de bruit qu'Amy, et c'est pas plus mal.
Revenons à Nina, et à ce morceau qu'elle a joué en live un soir de déprime collective. Je sais, ça peut faire long mais s'il vous plait, écoutez ce qu'elle dit avant de chanter, ça dure quelques minutes, il faut le dico d'anglais pas loin mais elle est tellement stone qu'elle parle lentement, ça passe, on comprend. Et c'est magnifique ! Y a tout, les paroles, la voix, les cordes qui vibrent, et la musique ....
D'autant plus quand les autres muzikos s'y mettent ... d'abords une petite guitare, douce, ensuite Nina nous fait part de sa façon à elle de jouer du Bach au piano sur le temps qui passe, comme elle seule peut le faire, et puis après ..... ah ... après, la fin, l'apothéose, le final grandiose, l'esprit de la soul .... on vibre comme rarement, on est passé à travers la folk music, le jazz, le blues, le classique, et enfin la soul, tout ça en moins de 9 minutes.

 

Saviez-vous que Nina Simone s'était adonnée aux joies de la musique populaire par dépit ? Elle rêvait depuis toujours de devenir pianiste classique dans de grands orchestres, de reprendre Bach dans des opéras bondés. Je dis ça comme si je la connaissais, alors qu'en fait, je raconte peut-être n'importe quoi, qui sait ? Bref, comme elle était trop noire pour l'époque, on lui a dit "fait de la musique de noirs", alors elle a fait de la musique de noirs, du jazz, de la soul, de la pop, et grand Dieu Seigneur ! merci Nina pour ta contribution, même involontaire, à la musique en général !

Paraît-il que lorsqu'elle chante, la pluie s'arrête. Paraît-il qu'elle était folle. Paraît-il qu'elle n'a eu de cesse de se battre pour les droits civiques des afro-américains. Paraît-il, vers la fin de sa vie, elle aurait passé le plus clair de son temps (tiens, encore une histoire de temps !) caché dans son château, dans le sud de la France, à jouer du Bach toute la journée. Paraît-il, quand elle commençait un morceau, de Bach donc, car elle ne jouait que du Bach, elle suivait les partitions pendant un temps, et puis elle se laisser aller à exprimer ce qu'elle n'a jamais pu faire durant sa vie de célèbre musicienne populaire et frustrée, elle partait en vrille et se mettait à composer, à laisser libre cours à son imagination plus que débordante, en partant de Bach. Paraît-il que ces séances impromptues ont été enregistrées, cela représenterait environ 72 heures d'écoute. Et paraît-il aussi que ça va sortir, en coffret, un jour. Je crois que ce jour fait partie de ceux que j'attends le plus au monde !

J'ai oublié de préciser que, au delà du fait que Nina Simone est peut-être l'artiste que j'aime le plus au monde, cette ode au temps correspond à la musique d'une scène fantastique du seul film de John Malkovich, "Dancer upstairs", film génial au demeurant (même si le réalisateur est libertarien et qu'il est pour la peine de mort, paraît-il), et que je ne saurais que trop vivement vous conseiller.

gueule de bois

A défaut de citrate de bétaine, et si vous n'avez pas le luxe de passer votre journée entière affalé sur le canapé à regarder 12 épisodes de The Wire ou Breaking Bad, il ne vous reste qu'en dernier recours, City Boom Boom, du Groove Gang de Julien Lourau

L'anti-musique d’ascenseur donc et pourtant ... on pourrait presque y croire. C'est qu'on peut facilement se faire avoir. Pour peu qu'on n'ait pas l'habitude du jazz, encore moins du saxo, et hop, on classe tout ça à côté des Stan Getz-Samba-Braziou-les soirées de l'ambassadeur sont réussies !
Alors que là, on en est loin. Non pas que Stan Getz ne soit pas en odeur de sainteté de ce côté-ci de la salle d'attente, mais j'estime qu'on touche là à quelque chose de beaucoup plus personnel, novateur et risqué même.
Derrière un rythme binaire simple et plutôt groovy, Julien Lourau pose ici les bases de ce qu'il convient d'appeler la nouvelle scène jazz française. Nous sommes en 1998 et elle n'a absolument rien à envier à celle du nord, à celle d'outre-atlantique, ou à celle de Cuba. Alors c'est vrai que certains artistes n'ont pas attendu le troisième millénaire pour faire avancer la musique, c'est vrai (et c'est pas Texier qui est d'ailleurs souvent aux côtés du petit Julien qui va me contredire ) mais on assiste avec cet album à l'avènement du Label Bleu, à l'émergence d'une nouvelle scène plus que prometteuse. L'histoire le confirmera plus tard avec Bojan Z, Magik Malik, Eric Legnini, Noël Akchoté, Sebastien Martel, Eric Lohrer, Vincent Segal, Cyril Atef, voire même Sebastien Texier fils du père donc ...
Son véritable album, celui qui va enfin démontrer que non, le jazz n'est pas mort, ce serait plutôt The Rise, sorti quelques années plus tard, mais j'y reviendrai sûrement,

 

à la prochaine gueule de bois, qui sait ??

lundi 29 août 2011

paranoïa

Bon, c'est un peu tiré par les cheveux, je sais, passons ...

Vous qui êtes parano comme peuvent l'être certains présidents nains ou français, ou les deux, ne vous inquiétez plus, vous ne vous disputerez plus avec vos proches et tout le monde sera content.

Donc, pendant 6 minutes 30 environ, vous vous prendrez un shoot de ce terrifiant "paranoid android" de nos chers Radiohead. Et terrifiant, je suis gentil car nous avons là affaire à une pièce en 3 mouvements digne des plus grandes compositions symphoniques de ces 5 derniers siècles, oui, j'exagère, je sais, ... quoique ....
Comment expliquer, donc, que les plus grands jazzmen s'entichent à le reprendre, que des orchestres philharmoniques dirigées par des pointures s'y frottent régulièrement et que même des rastas s'y collent avec délectation, .... parce que nous sommes bien en présence d'un des plus grands morceaux de tous les temps, au cours duquel Beethoven, les Beatles, Fugazi, Sonic Youth s'y croisent, que dis-je, s'y entremêlent délicieusement, c'est incroyable la puissance de ce morceau. Je ne m'en suis d'ailleurs toujours pas remis ...

Bref, c'est du lourd, mais si malgré tout, votre paranoïa persiste, alors prenez-vous donc les génériques, c'est moins cher mais c'est aussi efficace. Et vous avez le choix, le laboratoire Brad Mehldau nous propose 9 minutes 30 de pur extase





Tandis que des laboratoires plus alternatifs comme le Ganja Studios des Easy Star All Stars nous offrent une version plus colorée et plus douce. Je vous épargne les laboratoires Weezer et d'autres plus ou moins douteux.

dimanche 28 août 2011

vertiges

Alors paraît-il, certains se plaignent de vertiges ....
Qu'à cela ne tienne, j'ai la solution !
Il vous faut pour cela redevenir oiseau, et comme nous avons tous une part d'oiseau en nous, il suffit de la faire ressortir.

Rien de plus facile grâce aux sensations de planage intégral que procure ce "Everywhere you turn" de The Bad Plus. Alors bizzarement, ces esthètes de la mélopée ressemblent plus à une bande de texans ou bien des gars sortis d'un gang latino de Los Angeles qu'à des petits jazzeux bien propres sur eux. D'ailleurs, ils savent aussi bien manier le silence  que le bruit. Comme s'ils avaient été punks ou hard-coreux avant de se mettre au jazz.
Quoiqu'il en soit, rien de mieux pour voler et dompter son vertige que cette fausse douceur où ça tourne, ça tourne, ça tourne ...